Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.
Pierre de Ronsard
Il faut se lever tôt pour profiter de la beauté des fleurs du jardin, sous cette chaleur estivale. Comme le disait déjà Ronsard, la fraîcheur du matin est un cadeau fragile — les pétales sont encore légèrement rafraichis par la nuit, les couleurs semblent plus vibrantes, avant que le soleil ne vienne tout assécher et tout aplatir.
J’aime à ce moment sentir l’herbe sèche sous mes pieds pendant que je vais cueillir quelques framboises pour le petit déjeuner, encore fraîches de la nuit. En chemin, je m’arrête chaque fois devant les fleurs.
C’est le moment que je préfère pour les observer vraiment. Pas en passant, mais en prenant le temps de regarder ce qui ne dure qu’un instant — cette fraîcheur qu’on ne retrouve plus une fois le soleil installé.








Ce matin-là, un héron a traversé le ciel.
Grand, silencieux, comme un présage tranquille d’une belle journée d’été.
